Modifier un gunpla Bandai HG pour lui donner des mains articulées réalistes est un de ces petits projets qui transforment complètement l'expressivité d'une maquette. J'ai longtemps contourné les mains fixes ou les kits "avec doigts séparés" qui manquaient de naturel ; aujourd'hui je partage ma méthode pour identifier les pièces à modifier, préparer des inserts robustes et tirer des prototypes — à la fois par moulage résine et impression 3D — pour obtenir un résultat solide et esthétiquement cohérent.
Pourquoi remplacer les mains d'origine ?
Les HG Bandai offrent souvent des mains en une seule pièce ou des doigts très simplifiés. Celles-ci conviennent pour des poses statiques, mais si vous cherchez à :
donner des gestes plus expressifs (index pointé, poing serré, prise d'objets)tenir des accessoires lourds sans que la main ne se déformeajouter de la rotation au poignet ou des articulations métacarpo-phalangiennesalors remplacer ou modifier les mains est presque indispensable. L'enjeu est de garder tout cela à l'échelle HG et d'éviter d'alourdir l'ensemble ou de créer des points fragiles.
Pièces à modifier et plan d'action
Avant toute découpe, j'observe la main d'origine et son logement sur l'avant-bras. Voici les éléments que j'examine systématiquement :
La tige du poignet : diamètre, forme (cylindrique, conique), matériau (polycaps souples ou plastique dur).L'espace entre la paume et la garde-bras : pour savoir si un mécanisme supplémentaire peut être logé.Les lignes d'échelle : garder un rendu réaliste sans doigts trop fins.Mon plan type :
Démonter la main et mesurer la tige du poignet.Créer un insert (métal ou plastique dur) qui remplacera la tige d'origine pour plus de solidité.Réaliser une paume modifiée avec logements pour doigts articulés (ball-joints, axes métalliques ou polycaps).Prototyper par impression 3D ou moulage résine, tester, puis tirer plusieurs exemplaires.Inserts : formes, matériaux et méthodes
Les inserts sont la clé pour une tenue durable. Voici ce que j'utilise :
Tiges métalliques (acier ou laiton) : très résistantes pour les doigts porteurs d'accessoires.Pins filetés M1/M1.2 : si vous voulez démonter les doigts ou les ajuster facilement.Polycaps aftermarket (comme ceux de Bandai ou de marque tierce comme Mr. Hobby polycap tubes) : pour conserver une friction douce.Technique simple pour un insert de poignet :
Perçage propre du logement de la tige (0,5 à 1 mm selon la tige) avec une mini-perceuse.Collage d'une tige laiton (0,8–1 mm) à la cyano pour un montage définitif; si vous prévoyez des démontages, coller un écrou M1 sur l'insert ou utiliser de la colle époxy lente.Pour les doigts, je préfère un noyau métallique (axe) dans une gaine en résine/ABS : le métal supporte la charge et la gaine masque l'axe et donne un fini propre.
Créer la paume articulée : options et prototypes
Il y a deux grandes voies pour fabriquer des paumes et doigts articulés :
Moulage et tirage résine — je modélise une master en putty (Tamiya Epoxy Putty) ou en cire, je réalise un moule silicone RTV (Smooth-On ou OOMOO) puis je tire en résine polyuréthane (Smooth-Cast type) pour des pièces détaillées et légèrement flexibles.Impression 3D — pour des formes complexes ou des itérations rapides j'utilise une imprimante SLA (résine) ou FDM (PLA) selon la finesse souhaitée. La SLA est idéale pour les doigts fins.Mon protocole :
Façonner une paume master en putty, intégrer les emplacements d'axes (tiges laiton temporaires).Réaliser le moule 2-part en silicone, enlever les tiges et couler des prototypes en résine.Retoucher (ponçage, perçage) puis tester la friction avec des polycaps ou des manchons en silicone.Proto de tirage : astuces pratiques
Voici quelques conseils issus de mes essais :
Pour les doigts, prévoir une légère tolérance autour de l'axe (0,1–0,2 mm) pour éviter le blocage post-durcissement.Utiliser des manchons en silicone (ou du tube thermorétractable fin) autour des axes métalliques pour créer une friction douce et éviter les usures prématurées.Si vous réalisez plusieurs exemplaires, renforcer les zones fines avec un filet d'armature en fibre de verre très fin avant le tirage final.Marquer la paume (repères) pour uniformiser les angles de rotation des doigts.Comparatif rapide des méthodes
| Méthode | Avantages | Inconvénients |
| Moulage silicone + résine | Finitions fines, multiple tirages identiques | Temps de préparation, coût silicone/résine |
| Impression 3D SLA | Itération rapide, détails fins | Fragilité possible des pièces très fines, coût résine SLA |
| Impression 3D FDM | Coût bas, bonnes pièces structurelles | Finitions moins nettes, nécessite retouches |
Finitions et peinture
Après validation mécanique, je ponce et prépare pour la peinture :
Sous-couche primer (Mr. Surfacer 1200 pour résine, ou Primer Tamiya pour ABS/PLA).Masquage des zones de frottement et application d'un lubrifiant sec (ptfe ou cire fine) pour garantir la fluidité des mouvements.Peinture : j'utilise souvent de l'acrylique acrylique Mr. Color (dilué) en aéro, puis retouches au pinceau pour les ongles/soudures de gantelet.Erreurs communes et comment les éviter
Quelques pièges que j'ai rencontrés :
Perçage trop large : l'axe tourne sans friction. Solution : ajouter manchon ou colle époxy pour ajuster.Doigts trop fins : cassent lors des manipulations. Solution : augmenter légèrement l'épaisseur ou utiliser un matériau plus résistant (résine chargée).Moules mal ventilés : bulles sur les doigts. Solution : utiliser un vide (si possible) ou couler lentement et avec un débord pour évacuer l'air.Modifier les mains d'un HG demande un peu de patience, mais le résultat en vaut la peine : plus d'expressivité, des poses plus naturelles et la satisfaction d'avoir fabriqué une pièce fonctionnelle et esthétique. Si vous voulez, je peux publier un tutoriel photo étape par étape sur la création d'un moule silicone pour paume HG, ou partager des fichiers 3D de base (format STL) que j'utilise comme point de départ.