Le camouflage tricolore nippon (souvent appelé « Type 3 » ou variantes selon la période et l'échelle) est un motif que j'adore pour les blindés japonais. Au 1/35, il peut sembler intimidant, surtout si l'on souhaite éviter les pochoirs commerciaux complexes ou coûteux. Dans cet article je partage ma méthode personnelle : des stencils maison simples, des passes d'aérographe maîtrisées et quelques astuces de finition pour obtenir des bords nets et un rendu réaliste.
Pourquoi éviter les pochoirs industriels ?
Les pochoirs tout prêts ont l'avantage de gagner du temps, mais ils peuvent être rigides, mal adaptés à la courbure des surfaces, ou imposer des motifs trop parfaits pour un rendu réaliste. J'aime conserver un peu d'imperfection contrôlée : le camouflage réel n'est pas composé de lignes ultra-propres. De plus, faire ses propres stencils permet d'adapter le motif précisément à la maquette (châssis, tourelle, ailes, etc.).
Matériel nécessaire
- Cartes plastique fines (0,25–0,5 mm) ou vinyle adhésif : faciles à découper, tiennent bien en place.
- Ruban de masquage Tamiya (ou 3M) : pour les bords durs et protections.
- Scalpel de modélisme et lames neuves.
- Perforatrice ronde (optionnel) : pour créer micro-ovales/patchs.
- Aérographe, compresseur et diluants adaptés (par ex. Mr. Hobby, Vallejo, Tamiya)
- Peintures acryliques pour aéro : je recommande les Gammes Vallejo Model Air, Mr. Hobby Aqueous ou Lifecolor.
- Bombe de vernis mat (ou vernis acrylique en pot pour travail au pinceau sur petites zones).
- Petite lime ou gomme abrasive pour adoucir le plastique avant masquage.
Préparation et planification du motif
Avant de découper quoi que ce soit, je prends le temps de composer le motif sur papier. À l'échelle 1/35, j'imprime une vue en plan et de profil de mon kit (je récupère souvent des plans sur le net ou je photographie la maquette montée) puis je esquisse différents patchs de camouflage. Cela évite les mauvaises surprises et permet d'anticiper les raccords sur arêtes et parties mobiles.
Je choisis ensuite l'ordre des couleurs : généralement la teinte la plus claire en base, puis les teintes moyennes et foncées par-dessus. Pour les blindés japonais, une combinaison classique est un vert pâle, un vert plus profond et un brun/ocre sombre. Dans le tableau ci-dessous, je note des références que j'utilise souvent :
| Couleur | Marque / Référence |
| Vert clair (base) | Vallejo Model Air 71.121 « Green (British)» ou Mr. Hobby Aqueous H60 |
| Vert moyen | Vallejo Model Air 71.110 « NATO Green» |
| Brun/ocre | Lifecolor UA307 «Dark Yellow» ou Mr. Hobby H77 |
Découpe des stencils maison
J'utilise de fines plaques plastique (0,25–0,5 mm). Sur ma feuille imprimée j'aligne la plaque et je reporte grossièrement la forme des patchs avec un marqueur fin. L'objectif n'est pas d'être hyper précis mais de créer des formes organiques qui s'emboîtent sans créer un motif répétitif.
Pour les découpes, je m'applique :
- Travailler sur une surface bien éclairée et avec une règle métallique pour les petites droites.
- Utiliser des lames neuves pour un bord net.
- Éviter les formes trop petites qui se déformeront en masquage.
Pour simuler le contour légèrement irrégulier des pochoirs de terrain, j'effectue ensuite un léger ponçage des bords avec une gomme abrasive fine : cela gomme la perfection et rend les transitions plus naturelles.
Mise en teinte : passes d'aérographe et astuces pour des bords nets
Mon secret pour des bords nets sans fuite de peinture : combiner un mauvais contact volontaire (masque non collé partout) avec des couches fines et un brossage léger pour sceller.
- Étape 1 — Base : Appliquer la teinte la plus claire sur l'ensemble du modèle en passes fines (pression 15–20 psi pour un aéro hobby). Laisser sécher complètement (au moins 30–60 min selon la peinture).
- Étape 2 — Masquage des grandes surfaces : Positionner les stencils pour la deuxième couleur. Pour les arrondis et objets courbés, je chauffe légèrement le stencil avec un sèche-cheveux pour le rendre plus souple et l'aider à épouser la surface. Coller les bords avec du ruban Tamiya pour éviter les plis.
- Étape 3 — « Sceller » les bords : Avant d'appliquer la couleur, pulvériser très légèrement (bombe de primer très diluée ou couleur base) sur les bords du masque pour sceller les micro-fissures. Cela réduit les infiltrations lors de la passe suivante.
- Étape 4 — Passe fine : Passer la couleur de la couche intermédiaire en couches très fines, en maintenant l'aéro parallèle à la surface et en travaillant en brosses croisées légères. Si vous voyez de petites infiltrations, arrêter et laisser sécher — vous pourrez retoucher au pinceau après.
- Étape 5 — Retrait et retouche : Retirer le stencil une fois sec au toucher (mais pas complètement durci). Pour les petites bavures, j'utilise un pinceau fin (00) et la teinte de base pour corriger les infiltrations; pour des bavures plus prononcées, un léger brossage de vert plus clair peut aider à intégrer l'erreur.
Astuce pour transitions plus douces
Si vous souhaitez des transitions moins nettes entre deux couleurs (effet plus peint à la main), gardez une distance d'aéro plus grande (15–20 cm) et faites une pulvérisation très diffuse. Pour des bords plus durs, rapprochez-vous et réduisez la pression.
Usure et lavis pour naturaliser le camouflage
Une fois le motif posé, je n'hésite pas à ajouter des lavis localisés et du weathering léger pour casser l'effet « neuf ». J'utilise :
- Un lavis brun chaud dilué (Vallejo Panel Line ou mélange d'huile et essence) pour relever les panneaux.
- Des éraflures au sponge (éponge fine) avec une teinte métal peinte légèrement diluée (Humbrol 11, AK Real Color Metal).
- Des poussières légères en juxtaposant pigment sêche et vernis mat.
Derniers conseils pratiques
- Tester toujours votre motif et vos couleurs sur une pièce d'essai avant le modèle final.
- Photographiez vos étapes : cela aide à analyser les défauts et à progresser.
- Ne soyez pas trop obsédé par la perfection : des petites imperfections bien placées renforcent le réalisme.
- Si vous manquez de confiance, commencez par un petit accessoire (coffre, tourelle) pour vous faire la main.
Si vous le souhaitez, je peux préparer un gabarit imprimable aux bonnes dimensions pour un modèle précis — dites-moi la référence du kit et je vous fournis des tracés adaptés à l'échelle 1/35. Sur Japmodels.fr, je publie souvent mes schémas et fichiers à télécharger quand je teste une nouvelle technique : n'hésitez pas à me signaler quel modèle vous voulez camoufler et je vous accompagne pas à pas.