Le tatami est un élément quasi indispensable pour un diorama d'intérieur japonais : il donne instantanément l'ambiance, le rythme des pièces et une référence d'échelle pour les figurines. J'ai souvent eu envie d'en reproduire un de manière simple, réaliste et peu coûteuse, et après plusieurs essais j'ai une méthode qui marche bien, basée sur du carton plume et de la peinture. Voici comment je procède, étape par étape, avec astuces matériaux et finitions pour un rendu convaincant à l'échelle 1/12 ou 1/35.
Pourquoi le carton plume ?
Le carton plume (ou foam board) est parfait pour fabriquer des tatamis parce qu'il est léger, stable, facile à découper et à poncer. Sa surface lisse accepte bien les couches de peinture, et sa structure permet de simuler l'épaisseur des tatamis traditionnels. Comparé au balsa, il est moins fragile et plus économique que des solutions en résine ou MDF.
Matériaux et outils
Voici ce que j'utilise régulièrement :
Pour les bandes de bordure (les "heri" des tatamis), j'utilise soit des rubans de papier adhésif tissu très fins (trouvés en boutiques d'artisanat), soit des bandes découpées dans du carton plume coloré ou peintes ultérieurement.
Choix des dimensions et découpe
Avant de découper, je définis l'échelle et le format du tatami. Un tatami standard japonais mesure environ 90 x 180 cm en réalité. À 1/12 (échelle dollhouse) cela donne 7.5 x 15 cm environ, à 1/35 la taille sera plus réduite. Pour un plancher complet, je compose plusieurs tatamis côte à côte (par 2, 4 ou 6) comme dans une pièce traditionnelle.
Je trace d'abord les pièces sur le carton plume avec une règle métallique et un crayon léger. Pour trancher, je passe plusieurs fois le cutter sans appuyer trop fort — la lame neuve coupe proprement sans écraser les bords. Si j'utilise du carton plume de 5 mm, j'obtiens un beau relief pour l'épaisseur du tatami.
Texture du tissage
Le rendu du motif "igusa" (les fibres du tatami) est essentiel. J'évite les gravures profondes qui alourdissent le rendu. Voici deux techniques qui fonctionnent pour moi :
Personnellement, j'aime combiner les deux : une légère gravure pour donner la direction du tissage, puis un travail de peinture qui accentue les fibres et les variations de teinte.
Assemblage et jonctions
Pour composer une pièce avec plusieurs tatamis, j'assemble les éléments sur une plaque de fond (carton plume plus épais ou MDF fin). J'aligne soigneusement les motifs et j'utilise une petite pointe de colle blanche dans les jonctions. Si les coupes ne sont pas complètement jointives, j'utilise un peu de pâte acrylique ou de putty léger pour boucher et lisser.
Les bords recouverts (les heri) demandent un soin particulier : je découpe des bandes de papier kraft de la largeur souhaitée et je les colle soigneusement sur les arêtes. Une alternative élégante est d'utiliser du ruban washi fin (bien mat) pour un rendu textile plus réaliste. Après collage, je presse avec une spatule pour éviter les bulles.
Peinture : base, nuances et vieillissement
Pour la couleur de base, je préfère un beige chaud tirant légèrement sur le vert-jaune. J'applique d'abord une sous-couche (gesso), puis une couche acrylique diluée. L'aérographe permet d'obtenir une base très homogène, mais un pinceau plat fonctionne tout aussi bien si on travaille avec des couches fines.
Ensuite, je travaille les variations :
Pour les heri, j'utilise souvent un gris anthracite très légèrement lavé pour simuler les tissus sombres traditionnels. Les lignes de couture peuvent être suggérées au pinceau ultra-fin avec une teinte un peu plus foncée que la bande.
Détails d'échelle et finition
Les petits détails font la différence :
Un truc que j'adore : poser un tatami partiellement sorti d'une pièce, avec les bords légèrement relevés (colle souple) pour montrer l'épaisseur — cela donne du réalisme et une belle lecture en photo.
Variantes et échelles
Selon l'échelle, adaptez la largeur des stries : à 1/12 je fais des stries environ 1 mm ou moins ; à 1/35 je me contente d'indiquer la direction du tissage avec des stries beaucoup plus fines ou uniquement la peinture texturée. Pour un rendu ultra-détaillé, j'ai parfois utilisé du papier japonais très fin (washi) collé sur une plaque mince, peint et patiné, mais c'est plus fragile.
| Échelle | Largeur tatami réel | Dimension approximative | Technique recommandée |
| 1/12 | 90 x 180 cm | 7.5 x 15 cm | Carton plume 5 mm + gravure fine + peinture |
| 1/24 | 90 x 180 cm | 3.75 x 7.5 cm | Carton plume 3 mm + peinture texturée |
| 1/35 | 90 x 180 cm | 2.6 x 5.1 cm | Carton plume très fin ou papier washi + peinture |
Pour le matériel, j'apprécie les carton plumes de la marque Foamboard X (qualité stable) et les peintures acryliques Vallejo ou Tamiya pour leur couvrement et mélange facile. Les pigments AK Interactive fonctionnent très bien pour les poussières et vieillissements subtils.
Si vous voulez que je vous prépare un gabarit prêt à imprimer pour plusieurs échelles ou que j'illustre la méthode avec des photos de mes étapes, dites-le en commentaire : je pourrai poster un tutoriel pas à pas avec images sur Japmodels.fr. J'aime beaucoup voir vos réalisations, alors n'hésitez pas à partager vos variations — souvent, ce sont les petites impros qui font toute la différence.