Le camouflage trois tons sur blindés japonais au 1/35 est l'un de ces motifs qui donnent immédiatement du caractère à une maquette — mais le rendre propre et répétable demande un peu de préparation. J'ai passé des heures à expérimenter différentes méthodes pour fabriquer des pochoirs réutilisables, et dans cet article je partage ma technique pas-à-pas, les matériaux qui fonctionnent le mieux et mes astuces pour éviter les erreurs courantes.
Pourquoi fabriquer ses propres pochoirs ?
Utiliser des pochoirs maison permet plusieurs choses : obtenir des bords nets, reproduire fidèlement un motif historique, gagner du temps sur les grandes surfaces et surtout contrôler précisément la superposition des trois couleurs (base, secondaire, accents). Pour des blindés nippons au 1/35 — que ce soit un Type 97 Chi-Ha, un Type 1 Chi-He ou un char plus moderne — la fidélité des formes et l'échelle imposent des pochoirs adaptés, pas des gabarits génériques.
Matériel et fournitures (ma sélection)
Voici le matériel que j'utilise et recommande. Je précise les marques quand j'ai testé plusieurs produits :
Films plastiques : Oramask 813 (papier adhésif de masquage vinyle) pour les découpes fines ; Mylar 0,1–0,2 mm pour des pochoirs durables et réutilisables.Masques adhésifs : Tamiya Fine Line Tape pour délimiter les bords, et 3M Scotch pour les grandes surfaces.Outils de découpe : cutter X-Acto (lame #11), scalpel Olfa, petite lame incurvée pour détacher les formes fines.Plotter de découpe (optionnel) : Cricut ou Silhouette Cameo pour des découpes précises et répétables.Feuilles de collant repositionnable : Grafix Dura-Lar ou polyester repositionnable pour maintenir le pochoir sans laisser d'adhésif sur la peinture.Colle en spray repositionnable : 3M Repositionable Adhesive pour maintenir le pochoir durant l'aérographie sans résidus.Aérographe et compresseur : Iwata ou Harder & Steenbeck selon votre budget.Peintures : AK Interactive, Mr. Hobby (Mr. Color), Tamiya pour les camouflages historiques japonais (assortir les teintes selon référence historique ou votre interprétation).Conception du motif et échelle
Avant toute découpe, je travaille sur le motif à l'échelle. Pour cela j'utilise deux méthodes :
Scanner la notice ou une photo du blindé et redimensionner l'image au 1/35 dans Photoshop ou GIMP.Tracer à la main le motif directement sur une photo imprimée en respectant les proportions.Le plus important est de garder à l'esprit la taille réelle des taches : à 1/35, des motifs trop détaillés deviennent du bruit visuel. Je simplifie souvent les contours pour avoir des formes lisibles à cette échelle.
Découpe : méthode manuelle vs plotter
Si vous possédez un plotter, la découpe est rapide et précise. J'importe mon fichier vectoriel (SVG) dans le logiciel de découpe, je règle la pression pour le matériau choisi (Oramask ou Mylar), et je lance la découpe. Attention : pour Oramask, une profondeur trop forte la cisaille complètement ; il faut un réglage léger.
En manuel, je colle le film sur une surface rigide, place la découpe imprimée dessous (si le film est transparent) et découpe à la lame en suivant le motif. Voici mes conseils :
Utiliser une lame neuve pour des bords nets.Découper en plusieurs passages plutôt qu'un seul trait profond.Travailler à plat, avec une règle pour les lignes droites et une pointe fine pour les détails.Assemblage des pochoirs pour un camouflage trois couleurs
Le point clé d'un camouflage trois tons est la superposition correcte et l'usage de négatifs/positifs. Ma méthode en trois étapes :
Couper un pochoir "base" couvrant toute la surface à peindre (généralement le ton le plus clair). Ce n'est pas toujours nécessaire si la sous-couche correspond déjà à la couleur de base.Découper les formes principales du second ton sur un film séparé (pochoir A). Ce pochoir peut être un négatif (on pulvérise autour) ou un positif (on pulvérise à l'intérieur), selon l'effet désiré.Découper les taches du troisième ton sur un troisième film (pochoir B) en veillant à ce que leur superposition respecte le dessin final.Je recommande de marquer chaque pochoir avec un petit numéro et une flèche indiquant l'orientation ("avant/arrière", "haut/bas"). Cela évite les erreurs lors du masquage sur une coque courbe.
Application pratique sur la maquette
Voici le workflow que j'applique systématiquement :
Sous-couche adaptée — je choisis le ton le plus clair comme base si je veux éviter de peindre toute la surface. Une sous-couche gris clair ou beige neutre est souvent pratique.Positionnement du pochoir A (second ton) : j'utilise un spray repositionnable ou du film Dura-Lar pour maintenir le pochoir. J'applique la peinture en couches légères, en tenant l'aéro à une distance de 15–20 cm pour éviter les inondations. Si besoin, j'ajoute un léger voile d'apprêt sur les bords du pochoir pour "sceller" avant la couleur définitive (technique du "sealing").Retrait du pochoir A, nettoyage éventuel des bavures avec un coton-tige imbibé d'alcool isopropylique si la peinture est encore fraîche.Positionnement du pochoir B pour le troisième ton : attention aux recouvrements — les taches du troisième ton peuvent se superposer partiellement sur le second. Je me sers d'un pochoir global pour protéger les zones déjà peintes quand j'applique le troisième ton.Retouches : après séchage complet, un léger lissage des bords avec un pinceau fin et la même couleur (ou un jus sombre pour intégrer) redonne un aspect plus naturel.Astuces spécifiques pour blindés nippons
Les motifs japonais, notamment des périodes 1930–1940 et 1944–45, utilisent parfois des formes très organiques. Pour un rendu réaliste :
Évitez des contours trop nets : un léger flou (overspray contrôlé) donne du naturel. J'obtiens ceci en pulvérisant la peinture à faible pression pour créer un dégradé sur les bords.Variez l'opacité des couches : peindre deux voiles minces au lieu d'un seul épais évite l'effet "plaque".Utilisez des pochoirs partiels : découper des morceaux que vous repositionnez aléatoirement sur la même maquette produit une variation plus crédible qu'un motif identique répété.Entretien et réutilisation des pochoirs
Pour prolonger la vie des pochoirs :
Nettoyez-les immédiatement après usage avec de l'eau tiède et un détergent doux (si vous avez utilisé des acryliques) ou avec un diluant adapté pour les peintures solventées.Stockez-les à plat entre deux plaques de carton pour éviter les déformations.Étiquetez-les avec la référence du kit et la date d'utilisation pour retrouver rapidement un motif pour des séries ou retouches.Erreurs fréquentes et comment les corriger
Voici quelques problèmes récurrents et mes solutions :
Bavures sous le pochoir : utiliser moins de pression à l'aéro, ou appliquer un voile d'apprêt scellant avant la couleur principale.Pochoir qui colle à la peinture : attendre un séchage tactile avant de retirer ou utiliser une colle repositionnable plus faible.Motif trop petit ou illisible : simplifier le dessin, agrandir les formes ou doubler l'épaisseur de certaines taches pour lisibilité à l'échelle 1/35.| Problème | Solution |
|---|
| Bords irréguliers | Lame neuve / découpe en plusieurs passes |
| Résidus d'adhésif | Spray repositionnable de meilleure qualité / Dura-Lar |
| Pochoir trop fragile | Utiliser Mylar 0,2 mm au lieu d'Oramask pour les éléments répétitifs |
Si vous débutez, commencez par un petit élément (une tourelle par exemple) pour maîtriser le placement et la superposition. N'hésitez pas à me dire quel blindé vous souhaitez camoufler : je peux proposer une maquette type et un gabarit de motifs à adapter.